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Juniperus oxycedrus L.

Fra.: Cade, genévrier cade, oxycédre, genévrier oxycédre.   Esp.: Enebro de la miera, cada.   Ang.: Mediterranean juniper, prickly juniper.   Ara.: Araar, ettaga, ttaga.  Tam.: Taga, tagga, taqqa, taka, teka, teki, tiqqi, tilkit, tirki, tamerbut.

Arbuste ou petit arbre à feuilles persistantes, dioïque, atteignant jusqu’à 15 m de haut, à port irrégulier mais plus ou moins arrondi ou ovoïde-conique. Le tronc, de jusqu’à 1 m de diamètre, est habituellement droit ou tortueux. Les oxycèdres de grande taille sont parfois ramifiés depuis la base. L’écorce est fibreuse, brun-grisâtre, et se détache en lanières étroites. Les feuilles croissent sur les ramilles verticillées par 3, à verticilles espacés donnant un aspect général beaucoup plus dense que celui de J. communis. Feuilles aciculaires semi-rigides ou rigides, généralement piquantes, anguleuses, vertes, traversées longitudinalement sur l’endroit par deux bandes étroites blanchâtres. Cônes mâles ovoïdes, globuleux ou allongés, jaunâtres, naissant solitaires à l’aisselle des feuilles. Cônes femelles ou galbules (0,8-1,5 cm) brun-rougeâtre, rouges ou pourpres, charnus, globuleux ou ovoïdes, couverts ou non d’une pruine blanc-bleuâtre.

Floraison:

février-mai.

 

Fructification:

entre l’été et l’hiver de la deuxième année.

Habitat:

Trois sous-espèces ont été décrites dans le N. de l’Afrique, les subsps. oxycedrus et badia, de terrains secs très variés de l’intérieur (jusqu’à 3150 m), et la subsp. macrocarpa, qui vit essentiellement sur des terrains rocheux-sableux côtiers et les dunes du littoral.

Distribution:

Région méditerranéenne, depuis l’Atlantique jusqu’au N. de l’Iran. Dans le N. de l’Afrique, elle est bien distribuée depuis la Méditerranée jusqu’au Sahara.

Observations:

Espèce très polymorphe, dont un bon nombre de sous-espèces, variétés et formes ont été citées, dont certaines sont considérées par certains botanistes comme espèces. Actuellement (Med-Checklist, Flora Iberica), 3 sous-espèces sont acceptées dans le N. de l’Afrique, qui se différencient essentiellement par leurs feuilles et galbules :

J. oxycedrus subsp. oxycedrus (J. oxycedrus subsp. rufescens Debeaux, J. rufescens Link) possède de petites feuilles (8-20 × 1-1,5 mm) et des galbules (8-10 mm) verdâtres de jeunesse et rougeâtres à la maturité, sans cette pruine de jeunesse.

J. oxycedrus subsp. badia (H. Gay) Debeaux, (considéré par nous à rang spécifique, J. badia (H. Gay) Rivas Mart., Molero Mesa, Marfíl & G. Benítez), à port plus important, rameaux terminaux pendants et écorce intérieure rougeâtre, possède des feuilles (12-20 × 1,2-2 mm) et galbules (10-13 mm) châtain-jaunâtre de jeunesse et châtains-pourprés à la maturité.

J. oxycedrus subsp. macrocarpa (Sibth. & Sm.) Neilr. (assez différent et accepté par divers auteurs aussi avec rang spécifique comme J. macrocarpa), est très différente, et sa séparation au niveau spécifique s’avère probablement justifiée : elle possède des feuilles grandes (20-25 × 2-2,5 mm) et des galbules également plus grands (12-15 mm) couverts d’une pruine de jeunesse ; de plus, elle se développe dans un habitat typiquement côtier.

On observe parfois des genévriers cades qui présentent quelques grappes de feuilles très denses qui rappellent celles des genévriers rouges et thurifères. Ces feuilles n’appartiennent pas à ces genévriers, mais à une plante hémiparasite qui croît sur les rameaux de ces derniers : Arceuthobium oxycedri (DC.) M. Bieb.

État de conservation:

Espèce commune et à aire de répartition vaste, qui ne semble pas menacée. Elle est considérée comme de Préoccupation mineure (LC) à l’échelle mondiale dans la Liste rouge des espèces de l’UICN (Farjon, 2013). En Algérie, elle est incluse dans la Liste des espèces végétales non cultivées protégées (décret exécutif 12-03 du 4 janvier 2012).

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