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Adenocarpus faurei Maire

Fra.: Adénocarpe de Tiaret.   Esp.: Codeso de Tiaret.   Ang.: Tiaret’s broom.   Ara.: Urziz, auzzir, agultín.

Arbrisseau de 0,4-1,3 m de haut, à feuilles persistantes, hermaphrodite.Tige et rameaux vieux à écorce liégeuse brune et creuse. Ramilles jeunes blanchâtres et villeuses, pourvues de fascicules foliaires bien développés. Feuilles alternes, trifoliées, pétiolés, stipulées, à stipules de jusqu’à 2 mm, libres, linéaires-lancéolées et marcescentes, à folioles de 2,5-9 × 1,5-5 mm (jusqu’à 14 × 4 mm en conditions ombragées et lors des saisons les plus favorables), sessiles, obovées-oblongues ou oblongues, entières, plus ou moins atténuées à la base et fréquemment échancrées au sommet, vertes, glabres sur l’endroit et villeuses sur l’envers, ciliées sur les bords. Inflorescences en racèmes ombelliformes, courts et de 3-6 habituellement fleurs, généralement terminales et pédonculées sur de petits rameaux nus ; plus rarement latérales et sessiles. Calice bilabié, très villeux et blanchâtre, à lèvre inférieure divisée jusqu’à plus de la moitié en deux segments droits, lancéolés. Corolle 1,5 fois plus longue que le calice, à étendard de 8-9 mm obové ou orbiculaire,), émarginé à l’extrémité et atténué à la base en un onglet large de jusqu’à1 mm ; ailes glabres et carène un peu plus longue, mais plus courte que l’étendard. Androcée monodelphe, à 10 étamines. Gousses de 10-18 × 4-5 mm, linéaires, planes, coriaces, brunes, glabres, seulement un peu villeuses au niveau de la suture ventrale, légèrement stipitées –elles conservent à leur base le calice marcescent‑, déhiscentes, à 1-3 graines. Graines de c. 2-3 mm, ovoïdes, comprimées, brunes et lisses.

Floraison:

juin-juillet.

 

Fructification:

juillet-août.

Habitat:

Substrats siliceux. Forêts clairsemées et matorrals, aux alentours de 1100 m d’altitude.

Distribution:

Endémique algérienne, très peu fréquente, des monts de Tiaret (dépression de Sidi Khaled).

Observations:

Au début du XXe siècle (1919, 1921) Alphonse Faure a collecté ce qui semblait être une nouvelle espèce du genre Adenocarpus, à petites feuilles glabrescentes et à inflorescences ombelliformes, presque toujours terminales, aux environs de Tiaret (Algérie). En 1921 René Maire le décrit et le nomme, en l’honneur de son collecteur, A. faurei. Il n’a jamais été vu dans d’autres régions pour ce qui était considéré comme un endémisme très localisé des forêts et des buissons de cette région. Dans la seconde moitié du 20e siècle, d’autres chercheurs l’ont cherché ici et dans d’autres régions voisines, sans succès.

En raison de la rareté de l’espèce, elle a été protégée en 1993 (Décret 93-285 du 21 novembre), protection qui a été renouvelée en 2012 (Décret exécutif 12-03 du 4 janvier). Mais il semblait déjà trop tard. Une grande partie des zones boisées et semi-boisées de Tiaret ont été défrichées, cultivées et urbanisées dans la seconde moitié du 20e siècle et continuent de l’être au 21e.

Pendant 5 années consécutives (2012-2017), Miara et al. (2018) ont systématiquement étudié la végétation forestière autour de Tiaret (Massif de Guezoul), répartissant la zone d’étude dans des grilles de 1 km2. Ils n’ont pas trouvé l’espèce et, selon les critères de l’UICN, ils la considèrent éteinte. Ils déterminent que les principales causes d’extinction ont été l’urbanisation croissante et la mise en culture d’anciennes zones boisées.

État de conservation:

Espèce extrêmement rare avec une aire de répartition très limitée (environ 10 km2) qui n’a pas été vue depuis plus de 80 ans. Elle est actuellement considérée comme éteinte.

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