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Euphorbia resinifera Berger

Fra.: Euphorbe a résine.   Esp.: Cardón resinoso.   Ang.: Resin spurge.   Ara.: Zeggum.   Tam.: Tikiut, tahut.

Arbuste monoïque, charnu, cactiforme, atteignant 1,2 m de haut, à port hémisphérique étalé, tiges toujours dressées. Il croît davantage en largeur qu’en hauteur, pouvant atteindre 3 m de diamètre. Tiges peu ou pas rameuses, de couleur vert vif, tétragonales, exceptionnellement trigones, à faces plus ou moins concaves et angles aigus. Épines axillaires de 2-10 mm disposées par deux sur un écusson ovale bien délimité. Feuilles réduites à de minuscules tubercules situés sur les angles avec les épines. Inflorescences pédonculées sur les angles, entre les paires d’épines, composées de 3 cyathes entièrement jaunes, les deux latéraux pédonculés et hermaphrodites, le central –sessile et mâle– se développant et tombant habituellement avant les latéraux. Le fruit est une capsule (4-5 × 6-7,5 mm) subglobuleuse, à pédoncule de 4-8 mm, pourvue de coques bien différenciées, comprimées, anguleuses et carénées, glabres, lisses, d’abord verdâtres puis jaunâtres. Chaque coque porte une graine (2,7-3 × 2,5 × 2,5 mm), subglobuleuse à surface parsemée de petites plaques fines au contour irrégulier, grisâtre ou jaunâtre, sans caroncule.

Floraison:

juin-août.

 

Fructification:

août-octobre.

Habitat:

Terrains calcaires, sur sols plus ou moins rocailleux, de 600 m à 1800 m d’altitude. En zones à bioclimat semi-aride à humide, aux étages inframéditerranéen et thermoméditerranéen.

Distribution:

Endémique du S.-O. marocain, présente dans les parties les plus basses et sèches des montagnes méditerranéennes allant des provinces de Haouz, Rehamma et du S.-O. du Moyen Atlas au massif du Kest (Anti-Atlas occidental). Elle semble absente dans les zones plus sèches, subdésertiques, d’influence macaronésienne, où elle est remplacée par E. officinarum.

État de conservation:

Espèce commune localement mais à aire de répartition très restreinte, qui n’est pas considérée comme menacée. Elle n’est actuellement pas évaluée à l’échelle mondiale dans la Liste rouge des espèces de l’UICN. Dans le Livre Rouge de la flore vasculaire du Maroc (Fennane, 2021), a été considérée comme Quasi menacée (NT). Les euphorbes cactiformes sont incluses dans l’annexe II de la CITES.

Euphorbia resinifera. 1. Joaquin Molero
Euphorbia resinifera. Port de très vieux exemplaires dans le Haut Atlas (Maroc). Joaquin Molero
Euphorbia resinifera. 2. Jesús Charco
Euphorbia resinifera. Tiges avec cyathes jeunes. Jesús Charco
Euphorbia resinifera. 3. José Quiles
Euphorbia resinifera. Tiges avec cyathes jeunes. José Quiles
Euphorbia resinifera. 4. Joaquin Molero
Euphorbia resinifera. Cyathes avec capsules mûres. Joaquin Molero
Euphorbia resinifera. 5. Fouad Msanda. Teline
Euphorbia resinifera. Après l’élimination des forêts, cette espèce joue un rôle important dans la lutte contre l’érosion. Fouad Msanda. Teline
Euphorbia resinifera. 6. Abdelmonaim H. Bakali. Teline
Euphorbia resinifera. En plus de protéger le sol contre l’érosion, cette espèce protège également du bétail les plants d’autres espèces, contribuant ainsi à maintenir une grande biodiversité. Abdelmonaim H. Bakali. Teline
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